Cinéma / General

Vampire, vous avez dit vampire ?

Pour certains, ils représentent le mystère, la beauté, la jeunesse, la connaissance héritée des siècles passés et l’amour éternel. Pour d’autres, ils sont le diable en personne, la perversité, la luxure, la violence, une forme évoluée d’animal assoiffé de sang revenu d’entre les morts. De quoi nous intriguer et nous faire frissonner tout à la fois.

Vampire
Et pourtant aujourd’hui, pas de quoi avoir peur. Pour tout néophyte qui ne serait pas sorti de sa grotte depuis 10 ans, sachez que le vampire n’est plus ce qu’il était. Dans des fictions modernes telles que Twilight, fini les cocktails de sang humain et les brûlures disgracieuses laissées par le soleil. Place au super-vampire qui ne boit plus de sang humain et qui scintille gracieusement à la lumière du jour. Bien évidemment, il est toujours immortel, mais un pieu dans le cœur ne suffit plus à l’anéantir. Et la liste continue : l’argent et l’ail ? Même pas mal. Des crocs à la place des canines ? Trop pointues, ça pique ! Dormir dans un cercueil ? Pas assez confortable. Le super-vampire est tellement fort qu’il ne dort même plus et peut voir son reflet dans le miroir (au cas où il aurait besoin de se recoiffer).
Saturation
Alors comment appelle-t-on un vampire qui n’a rien en commun avec la définition classique ? Etant donné que Stephenie Meyer (auteur de la saga) a avoué publiquement ne pas avoir fait de réelles recherches sur le mythe des vampires avant d’écrire ses romans, on serait largement en droit de lui poser la question. Summit Entertainment (les studios de production des films) devaient respecter ses choix artistiques et ses « règles créatives » s’ils espéraient obtenir les droits d’adaptation. Mais peut-on parler de création lorsqu’un auteur supprime plus qu’il n’invente ? Accumulées au fil des siècles (et ce depuis les folklores de l’Antiquité), les nombreuses caractéristiques du vampire n’ont pas été inventées par hasard : elles sont porteuses de différents messages et métaphores en fonction des cultures. Si on les supprime, alors le vampire n’est plus qu’un immortel dénué de tout sens.
Dans Twilight, Stephenie Meyer déshabille le vampire au lieu de le faire évoluer, sur fond d’histoires d’amour à l’eau de rose où, bien évidemment, les tourtereaux sont sages comme des images. Elle en profite même pour prétendre jouer la carte de l’originalité dans une époque qui, soi-disant, accepte tout. Désolée Meyer, mais Edward n’est pas un vampire. C’est une créature, un mutant ou au (vam-)pire, un surhumain. Les ados l’aiment, c’est bien. Vous l’avez vendu au monde tel que vous l’avez créé, tant mieux pour vous. Mais on ne peut pas faire de la qualité avec rien, ça se saurait. Ou bien ça reviendrait à commander une pizza mais sans olives, sans anchois, sans sauce, sans tomate, sans jambon…

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